
En cette période de ralentissement économique, la vigilance croissante exercée par l’opinion publique, les ONG, les décideurs et investisseurs des secteurs public et privé sur les responsabilités éthiques, morales, sociales et environnementales des organisations favorise la redistribution des cartes.
En effet, les investisseurs et décideurs sont de plus en plus diversifiés (japonais, indiens, chinois…), de sorte que, « le moment de s’établir dans une collectivité, ils attachent une grande importance à la diversité du leadership.(Nancy Nolan, directrice du développement économique à la Chambre de commerce d’Atlanta)
Dans quelques cas, « Des investisseurs japonais ou asiatiques ont renoncé à investir leur argent au Canada en raison d’une montée perçue du racisme.
On cite par exemple un projet de haute technologie d’une valeur de 1,3 milliard de dollars qui aurait créé 3 000 emplois en Colombie-Britannique : pointant du doigt des articles de journaux faisant état de cas de racisme, ils ont plutôt opté pour la Californie… ». (Philip Barter, associé principal au bureau de Vancouver de Price Waterhouse)
La concurrence internationale fait donc rage et les pays émergents raflent de plus en plus de parts de marché importantes sur des zones géographiques traditionnellement chasse gardée occidentale. A titre d’exemple, en 2008, le commerce entre la Chine et l’Afrique a progressé de 45% en un an pour atteindre 106,87 milliards de Dollars. Quant aux exportations, elles ont atteint 50,84 milliards de Dollars, en hausse de 36% sur un an !(Source : Diplomatie N° 36, mars-avril 2009)
Les positions ne sont donc plus acquises ad vitam eternam. Selon une étude de la Conference Board du Canada basée sur l’acquisition d’un avantage concurrentiel, il apparaît clairement que : « si les entreprises continuent de dépendre lourdement des marchés traditionnels, la croissance de nos exportations et notre niveau de vie seront « relayés à la voie de desserte du commerce international ».
Des conclusions d’études prospectives menées aux USA et au Canada ont par ailleurs mis en évidence l’existence d’un lien étroit entre discrimination ou valorisation de la diversité démographique et compétitivité des entreprises et des territoires.
Selon Dennis Zeleny, vice-président aux ressources humaines de Frito-Lay Inc., « la diversité des antécédents assure la diversité des idées, élément essentiel à la création des meilleures stratégies de mise sur le marché… Lorsque la moitié des consommateurs sont des femmes, comment, par exemple, peut-on ne pas associer des femmes à tous les aspects des activités ».
Cette adaptation aux attentes des décideurs, investisseurs, citoyens, consommateurs et des partenaires s’impose à plusieurs niveaux stratégiques : conception et création de nouveaux services, innovation, management, prospection, contact avec les partenaires…
En France, Pays des droits de l’homme, malgré des efforts observés ces dernières années en matière de promotion de la diversité et de lutte contre les discriminations, les résultats ne sont pas encore à la hauteur des enjeux. Une étude de l’OIT et de la Halde montre même une aggravation des discriminations : «28 % des salariés en France disent avoir été victimes de discrimination en 2009 (sondage effectué en mars), contre 25 % l’an dernier… l’origine ethnique est la première cause de discriminations citée (35 %), devant l’âge (32 %), l’apparence physique (30 %) et les convictions politiques et syndicales (25 %)». (Source : publiée par La Tribune le 25 mai 2009)
Compte tenu de la situation économique actuelle, la France doit urgemment profiter de l’ensemble de sa diversité démographique exceptionnelle et adopter une stratégie nouvelle et futuriste en matière de ressources humaines, à l’instar des USA et du Canada. C’est sans doute l’une des clés du renforcement de sa compétitivité, du maintien de ses parts de marché, ainsi que de la conquête de nouveaux investisseurs et partenaires commerciaux. (Rapport commission européenne : Le cas commercial en faveur de la diversité)
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